E-commerce - trafic présent mais ventes insuffisantes
Contexte
Typologie d’entreprise
- e-commerce spécialisé dans l’ameublement et la décoration
- environ 2 500 références produits
- chiffre d’affaires annuel autour de 3 M€
- gamme phare : canapés convertibles, avec panier moyen et marge plus élevés
- produits secondaires : tables basses, accessoires déco, petit mobilier
Canaux principaux
- référencement naturel sur les pages catégories, fiches produits et contenus conseils
- Google Shopping via flux Merchant Center
- marketplaces : ManoMano, Cdiscount et autres plateformes proches
- retargeting social léger
Situation de départ
- croissance correcte pendant 3 ans, puis stagnation
- forte dépendance à Google Shopping pour les ventes
- plusieurs ajustements partiels du catalogue et du flux produits
- poids croissant des produits à faible marge dans les commandes
Problème perçu par le client
“On vend de plus en plus d’articles à faible marge via Shopping, et on a l’impression que nos produits phares, surtout les canapés convertibles, sont moins visibles. Les campagnes coûtent de plus en plus cher, pour un panier moyen en baisse.”
Lecture “à chaud” côté direction
- Google Shopping génère toujours du volume
- les commandes progressent surtout sur les petits produits
- les canapés convertibles ressortent moins qu’avant
- le chiffre d’affaires tient encore, mais la marge se dégrade
- le doute porte sur l’origine du problème : campagnes, flux, catalogue, prix ou concurrence
Situation de départ
L’analyse a été structurée par gamme, par exemple :
- canapés convertibles
- tables basses
- accessoires déco
Pour rendre le cas lisible, nous concentrons ici l’analyse sur la gamme stratégique :
- canapés convertibles
Côté catalogue et flux produits
Sur les canapés convertibles :
- plusieurs produits phares étaient mal catégorisés dans le flux Merchant Center
- certains best-sellers remontaient comme “fauteuils”, “banquettes” ou “lits d’appoint”
- des attributs importants étaient absents ou incomplets :
- type de conversion
- nombre de places
- dimensions du couchage
- matière
- disponibilité
- plusieurs titres produits restaient trop génériques, par exemple : “canapé 3 places moderne”
Côté Google Shopping
- les accessoires déco étaient très présents dans les impressions et les clics
- les canapés convertibles recevaient moins de visibilité que prévu
- les campagnes poussaient beaucoup de produits à faible valeur
- les produits les plus rentables étaient trop peu exposés
Côté site
- les pages de gamme “canapés convertibles” existaient
- les fiches produits étaient globalement accessibles
- la structure n’était pas cassée
- le problème se situait surtout dans la manière dont les produits étaient compris, classés et diffusés
En résumé
Le site vendait mais Google Shopping poussait de plus en plus les produits faciles à diffuser et moins rentables, au détriment de la gamme qui devait réellement porter le chiffre d’affaires et la marge.
Cause principale retenue
Ce que nous avons identifié
- aucune rupture technique majeure sur les pages catégories ou produits
- aucune chute brutale de la demande sur les canapés convertibles
- aucun problème isolé de prix ou de concurrence
- une gamme phare présente, mais mal portée par le flux et les campagnes
En revanche, l’analyse a fait ressortir un problème net autour du flux produits et de la diffusion Shopping :
- plusieurs canapés convertibles étaient mal catégorisés
- des attributs essentiels manquaient sur les meilleures références
- les titres produits n’exprimaient pas assez clairement la recherche réelle de l’utilisateur
- les campagnes Shopping laissaient les algorithmes pousser les produits générant le plus facilement des clics, pas forcément ceux qui apportaient le plus de marge
- les accessoires déco prenaient une place excessive dans la diffusion
Cause 1
Flux produits mal structuré pour la gamme canapés convertibles.
Cause 2
Campagnes Shopping trop ouvertes, laissant remonter les produits à faible marge au détriment des références stratégiques.
Facteur aggravant
La gamme phare n’était pas assez clairement différenciée dans les titres, les attributs et la segmentation produit. Résultat : Google Shopping comprenait partiellement les canapés convertibles, tandis que les accessoires déco restaient plus simples à diffuser en volume.
Une hypothèse de problème prix / concurrence a été écartée : les canapés convertibles continuaient à répondre à une demande existante, mais ils étaient moins bien compris et moins bien exposés dans Shopping. Le sujet prioritaire était de corriger la manière dont la gamme stratégique était structurée et diffusée (plutôt que de baisser les prix, par exemple).
Effets observés
La propagation se déroule en plusieurs phases :
Flux produits → diffusion Shopping
- les produits mal catégorisés étaient moins bien associés aux bonnes recherches
- les attributs incomplets limitaient la capacité de Google à qualifier les références
- les accessoires déco obtenaient plus facilement impressions et clics
- les canapés convertibles étaient moins exposés sur les requêtes qui devaient pourtant les porter
Diffusion Shopping → ventes et marge
- les ventes continuaient, mais sur des produits moins rentables
- le panier moyen baissait
- le coût par vente augmentait sur les produits stratégiques
- la part des canapés dans le chiffre d’affaires global reculait
Diffusion produit → perception de la gamme
- les moteurs et les IA associaient davantage l’entreprise à une offre large “déco / petit ameublement”
- la spécialisation “canapés convertibles” devenait moins nette
- certaines requêtes utiles renvoyaient vers des concurrents mieux identifiés sur cette gamme
Comportement utilisateur → affaiblissement de la gamme
- moins de trafic qualifié arrivait sur les fiches canapés
- les signaux d’usage sur les produits phares devenaient plus faibles
- les pages canapés perdaient progressivement en poids face à des pages plus génériques ou à des produits secondaires
Résultat :
La dérive partait du flux produits, puis se propageait dans Google Shopping, dans le comportement des visiteurs et dans la perception globale de l’offre.
Actions mises en œuvre
Ces actions ont été retenues en priorité, car elles permettaient de corriger la rentabilité de la diffusion sans refondre le site ni augmenter les budgets d’acquisition.
Action 1 : Reprendre le flux Merchant Center
- recatégorisation des canapés convertibles dans les bonnes familles produits
- ajout ou correction des attributs essentiels :
- nombre de places
- type de couchage
- dimensions
- matière
- couleur
- disponibilité
- réécriture des titres produits pour mieux faire ressortir :
- “canapé convertible”
- “canapé-lit”
- “couchage quotidien”
- “2 places / 3 places”
- dimensions et usages réels
- correction des produits phares mal classés
Objectif : permettre à Google de comprendre précisément les références stratégiques.
Action 2 : Reprendre la segmentation Shopping
- séparation plus nette entre :
- canapés convertibles
- tables basses
- accessoires déco
- reprise des groupes produits selon la marge et le rôle commercial
- limitation de la surdiffusion des accessoires à faible marge
- allocation plus propre du budget vers les gammes réellement stratégiques
Objectif : éviter que les campagnes privilégient le volume facile au détriment de la marge.
Action 3 : Renforcer la page gamme “canapés convertibles”
- enrichissement de la page catégorie
- ajout de contenus utiles pour distinguer les usages :
- couchage occasionnel
- couchage régulier
- petit espace
- grand salon
- mise en avant des modèles phares
- liens internes plus clairs depuis les pages déco et ameublement vers la gamme canapés
- clarification des éléments de choix : confort, dimensions, mécanisme, matière
Objectif : redonner à la gamme canapés un rôle central dans le site, et pas seulement dans le flux.
Évolution et résultats
Le suivi a été relu sur trois cycles de 28 jours.
Avant corrections
- les accessoires déco prenaient beaucoup de place dans Shopping
- les canapés convertibles étaient sous-exposés
- le panier moyen baissait
- la marge se dégradait malgré un volume de commandes encore correct
Après 4 semaines
Après correction du flux et reprise des segmentations Shopping :
- les canapés phares ressortaient plus souvent sur les bonnes recherches
- les produits mal catégorisés étaient mieux compris
- la part de clics sur les accessoires reculait
- le trafic qualifié vers les fiches canapés commençait à remonter
Après 2 mois
Après renforcement de la page gamme et suivi des requêtes :
- les canapés convertibles apparaissaient plus régulièrement sur les recherches ciblées
- les concurrents portaient moins seuls la catégorie
- les IA décrivaient davantage l’entreprise comme spécialiste ameublement / canapés, et moins comme simple boutique déco
- la structure des ventes redevenait plus cohérente avec la stratégie commerciale
Résultats métier observés sur 3 mois
- +22 % de chiffre d’affaires sur la gamme canapés convertibles
- hausse de la part des canapés dans le chiffre d’affaires global
- baisse du coût par vente sur les canapés d’environ 15 %
- baisse de la proportion de commandes à faible marge
- requêtes Shopping plus homogènes et moins dispersées
En plus des volume de commandes, les résultats ont été lus sur la structure des ventes. L’objectif était de vérifier si la visibilité revenait vers les produits réellement stratégiques pour l’entreprise.
Ce que ce cas révèle
Un cas typique d’e-commerce où :
- le client ne manquait pas de ventes mais vendait de plus en plus les mauvais produits
- Google Shopping alimentait le chiffre d’affaires, mais pas la marge
- le problème ne venait du couple flux produits / segmentation Shopping / structure de gamme, et non d’un manque général de trafic.
Ce que nous avons permis
- d’identifier que la dérive venait d’abord du flux Merchant Center et de la diffusion Shopping
- de montrer que les produits à faible marge prenaient trop de place dans la visibilité payante
- de remettre les produits stratégiques au centre du catalogue et des campagnes
- de corriger la perception de la gamme sans refondre tout le site
- de réorienter les ventes vers des produits plus utiles commercialement
Ce cas montre qu’un e-commerce peut continuer à vendre tout en s’éloignant de sa vraie stratégie commerciale.